Les objets ont une histoire

Epée de parade Type 19 Kyu-Gunto

Cette garde est celle d’une épée de parade Type 19 Kyu-Gunto d’officier japonais dont la lame a été volontairement coupée. Mais pourquoi ? Au lendemain de la capitulation du Japon, les militaires japonais reçoivent l’ordre de rendre toutes leurs armes aux autorités d’occupation, y compris les armes blanches (baïonnettes, sabres et épées)Ces dernières occupent une place part dans la culture de guerre japonaise, en particulier les katanas familiaux qui sont des objets sacralisés. Les armées alliées commencent à les détruire. Pour eux, c’est un signe fort symbolisant la défaite du pays, mais aussi un geste de démilitarisation de la société japonaise. Mais, très vite, les Alliés prennent conscience qu’il s’agit d’objets précieux et que les détruire est une erreur. Sabres, épées et baïonnettes sont par conséquent épargnées. Quand ils ne sont récupérés directement par les soldats avides de trophées, ils sont distribués aux militaires qui les ramènent chez eux en guise de souvenirs.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les entreprises américaines les plus productives se sont vues remettre l’Army-Navy « E » Award, une récompense créée pour encourager la mobilisation et augmenter la production de matériel de guerre. Elle a été remportée par 4 283 entreprises, soit 5% des entreprises engagées dans l’effort de guerre. La médaille présentée ici a été décernée aux usines aéronautique no.1 et no.2 Curtiss-Wright de Buffalo NY le 20 août 1942. Elles fabriquaient le chasseur P-40 « Warhawk » et l’avion de transport C-46 « Commando ».

« Rosie la Riveteuse », est née d’une chanson écrite en 1942 par Redd Evans et John Jacob Loeb pour la Paramount Music Corporation de New York. La chanson est sortie au début de l’année 1943 à la radio. Interprétée par différents artistes, la chanson devient vite très populaire, en particulier la version enregistrée par les « Four Vagabonds » – un groupe afro-américain – qui prend la tête du Hit Parade. L’affiche « I Can Do it » de John Howard Miller et la couverture du magazine Saturday Evening Post du 29 mai 1943 de Norman Rockwell s’en sont inspirées.

War Bond Stamps Book

Pour financer leur effort de guerre, le gouvernement fédéral américain augmente les taxes, les impôts et élargit l’assiette en faisant payer les plus riches, une véritable révolution acceptée par tout un chacun et chacune grâce à l’élan patriotique. Il a aussi recourir à la vente d’obligations de guerre, les fameux War Bonds. Les plus jeunes peuvent aussi apporter leur contribution en achetant des timbres qu’ils collent dans des livrets humoristiques très « anti-axis » comme celui-ci.

L’introduction de la pénicilline est sans doute l’avancée la plus marquante dans le traitement des infections. Découvertes par accident en 1928 par le Britannique Alexander Fleming, les vertus bactéricides du Penicillium notatum ont commencé à être exploité pour lutter contre les infections en 1939. Il faut attendre 1942 pour que les premiers essais cliniques soient menés en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Des patients atteint de septicémie sont traités avec succès avec la pénicilline. L’usage de cette substance miraculeuse tend à se généraliser, mais le procédé complexe de lyophilisation ne permet pas de le fabriquer en quantité suffisante pour subvenir aux besoins des armées. Les scientifiques Howard Florey et Ernst Chain se tournent vers les sociétés Merck, E. R. Squibb & Sons, Charles Pfizer & Co. et Lederle Laboratories. Ils perfectionnent le processus de fermentation nécessaire à la croissance de la moisissure et trouvent des substances plus productives. La production de la pénicilline devient un objectif prioritaire pour 21 entreprises américaines qui vont réussir le tour de force de produire 2,3 millions de doses à la veille du débarquement en Normandie. Ces deux fioles ont été utilisées en 1944 par l’U.S. Medical Corps quelque part en France, sauvant la vie d’un ou plusieurs soldats. Il s’agit d’une des histoires contées dans mon livre Trace de Guerre – Normandie 1944. Je vous invite à découvrir les autres.

On a beaucoup parlé de l’usage de la Pervitine, au sein de la Wehrmacht lors de la sortie du livre  » Le IIIe Reich, les allemands et la drogue » de Norman Ohler (2016). Ces méthamphétamines permettaient de stimuler les combattants en réduisant les effets de la fatigue lors des combats et diminuait la sensation de faim. Les armées alliées ont utilisé un produit équivalent : la Benzedrine Sulfate. Le brevet de la molécule (découverte en 1914 par un chimiste allemand) a été racheté en 1932 pour ses propriétés bronchodilatatrices. Le produit est lancé sur le marché par le laboratoire Smith, Kline & French (SFK) sous le nom générique de «  Benzedrine « . L’action stimulante de la Benzedrine est mise à profit pour traiter les cas de narcolepsie et comme antidépresseur. C’est un succès commercial. La société américaine vend pour 500 000 $ d’amphétamines en 1941 et 2 000 000 $ quatre ans plus tard. L’armée américaine distribue à ses aviateurs et ses soldats des boîtes contenant six comprimés dosés à 5 mg. En 1943, des boîtes sont incluses dans les kits d’urgence des bombardiers de l’U.S.A.A.F. Les hommes doivent les prendre sur ordre de leurs officiers en cas d’extrême fatigue. Pour éviter l’effet d’addiction, il est clairement stipulé de limiter la prise à six comprimés pendant une semaine. Néanmoins, une enquête menée en 1945 montrera que de nombreux de pilotes (15% des hommes interrogés) prenaient de la Benzedrine quand ils en avaient envie. Les  » pep pills  » ou  » wakey-wakey pills  » ont été utilisées par les aviateurs, les Marines dans le Pacifique mais aussi les troupes qui débarquent en Normandie. On estime qu’au total 72 millions de comprimés ont été distribués aux troupes américaines et à celles du Commonwealth. Seize millions de jeunes Américains vont être exposés à la Benzedrine pendant leur période militaire. Cette surconsommation sera également constatée au sein même de la société américaine, puisqu’en 1945, 500 000 Américains consomme deux comprimés par jour. Cette addiction aura bien sûr des effets pervers sur les organismes et la santé mentale des utilisateurs. La Benzedrine continuera d’être fourni aux soldats américains pendant la guerre du Vietnam. Sa consommation sera sérieusement limitée à partir de 1971, date à laquelle elle est considérée comme une substance hautement addictive. (Controlled Substances Act – Schedule II).